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Courir de nombreuses années, c’est un privilège réservé à ceux qui savent rester sages.

J’ai tout fait pour éviter d’accepter cette blessure. Je ne voulais pas être blessé. Je ne voulais pas être celui qui n’a pas su écouter son corps. J’avais envie de courir et de m’améliorer. J’avais le désir de continuer à repousser mes limites. J’aimais tellement ça courir, j’étais le roi du monde avec des souliers de course dans les pieds.

Toute cette histoire là a commencé avec des petites douleurs le matin au réveil en juin 2014. La petite bosse qui venait de pousser à l’arrière de mon talon me faisait mal. Quelques mois plus tard, c’était devenu un peu plus douloureux et ça me faisait également mal en courant. Mais encore là, ça allait. J’étais capable de courir un jour sur deux. J’étais dans ma tête plus fort que ça et après tout, je n’étais pas vraiment blessé, parce que j’étais capable de courir.

En janvier 2015, après 5 semaines de repos complet, les semelles orthopédiques, l’ostéo, l’acuponcteur, rien n’a fonctionné. Je suis alors tombé sur des celebrex. Un anti-inflammatoire qui m’a « sauvé » la vie. J’en ai pris pendant 8 mois consécutifs. Je ne sentais presque plus aucune douleur. Je me disais que j’étais, sans doute, guéri. J’ai même réussi mon meilleur chrono sur marathon cet automne-là... 2 h 41.

En 2016, après une pause de 6 semaines à la suite de ce marathon, j’avais arrêté les anti-inflammatoires et j’étais décidé à enfin soigner cette blessure. Physio, chiro, ostéo et acuponcture. Mais une fois de plus, rien n’a aidé. J’ai donc repris la course graduellement en me disant que ça disparaitrait probablement, comme par magie. La douleur était évidemment encore présente, mais c’était tolérable. Je me limitais à une centaine de kilomètres par semaine. Au-dessus de ça, ça me faisait trop mal.

Je vous épargne tous les détails de la suite, mais deux marathons plus tard, une injection de cortisone, 1 radiographie, 2 échographies, 1 IRM et des centaines de dollars dépensés chez un chirurgien orthopédique au privé, j’en étais au même point. Seul avec ma tête qui ne voulait toujours pas accepter cette blessure.

Toutefois, en mai 2017, j’ai dû consentir… Ça me faisait trop mal. Ça fait maintenant plus de 10 semaines que je ne cours plus. Ça me fait bizarre à dire, mais cette décision est ma plus récente « réussite ». C’est-à-dire, assumer la honte qui vient avec le fait d’être à vélo à côté de ce magnifique groupe de coureurs que j’entraine et que j’adore. Le fait de les entrainer en gardant le sourire et en donnant le meilleur de moi-même, même si je les envie tellement. Je les envie tous et chacun, ils sont tellement beaux avec leur foulée unique et leur désir sans fond de vouloir s’améliorer.

J’en assume évidemment, pleinement les conséquences. Y’en a qui manquent de motivation pour aller courir, moi, à l’inverse, j’ai manqué de sagesse en refusant de regarder la réalité en face. Loin de moi l’envie de me plaindre en vous partageant tout ceci, au contraire. Je grandis, j’apprends et je deviens plus fort, malgré mon impuissance face à cette situation. Je réalise que c’est facile d’avoir confiance quand tout va bien, mais que c’est pas mal plus pénible quand on se sent freiné. Je demeure fort et je garde la tête haute même si parfois, c’est difficile. Je pourrais réagir de plusieurs façons face à cette adversité. Mais une chose est certaine, c’est que je n’abandonnerai pas. Les gagnants savent être persévérants même quand c’est plus ardu et je suis un gagnant.

 

Dominic Royer

Kinésiologue et Coach de la clinique niveau avancé

 

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1 commentaire

Par Kathlyn , le

Salut,en lisant ton article je me suis reconnue ,même que je croyais l’avoir envoyer…… Cela fait depuis mars que mes 2 genoux m’ont lâcher,physio,ostéopathe,accu, pour avoir eu comme diagnostic…..tendinite…la patte d’oie et la…..confusion! Je suis comme toi j’entraîne mes client à vélo,n’échangerais ma place avec eu car la course me manque ! J’ai recommencer un peu à coup de 20 à 30 minutes très très lentement,il ne faut pas lâcher! Je te comprend

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