La sagesse d'une coureuse

On l’a tous faite cette erreur de débutant, cette faute de vouloir progresser trop vite en sautant quelques étapes. D’entendre les mots de son entraineur, mais de se dire que pour nous c’est différent. Vous le savez comme moi, c’est tellement facile de se laisser emporter et de n’en faire qu’à sa tête, mais c’est en étant sage et patient que l’on découvre le plaisir de courir et que l’on devient un vrai coureur.

 

Elle a couru son premier demi marathon en 2009, quelques mois seulement après avoir débuté la course à pied. Son entraineur aurait bien voulu qu’elle améliore sa vitesse sur de plus courtes distances avant de se lancer dans ce projet, mais elle avait envie de relever ce défi.

 

Quelques années et 3 demi marathons plus tard, en janvier 2012, elle a demandé à son entraineur ce qu’il pensait du fait qu’elle s’inscrive au marathon de Toronto, en fin de saison. Il lui a fait comprendre qu’elle avait encore beaucoup de chemin à faire avant de se lancer dans cette aventure. Il lui a aussi dit qu’elle aurait plus à gagner, d’améliorer son chrono sur 21km (1h53) que d’aller se ‘’casser la gueule’’ sur un marathon.

 

Vous connaissez la suite ?

 

Elle a travaillé fort cette année-là pour atteindre son but ultime et franchir les 42.2km qui la mèneraient à la ligne d’arrivée. Durant son entrainement, elle a ressenti beaucoup de douleur sur le coté latéral de son genou et elle n’a pas été en mesure de faire le volume souhaité. La journée du marathon et un peu moins de 5 km après le départ, elle a dû abandonner. Tout ce travail pour en arriver là. Je ne connais pas le sentiment que l’on peut éprouver à abandonner une course, mais ce doit être horrible.

 

5 ans plus tard… En décembre 2017

 

Cette fois-ci, c’est avec le consentement de son entraineur, moi-même, qu’elle s’inscrit une fois de plus à son premier marathon. Son meilleur temps sur 21km est maintenant 1h37 et elle se sent d’attaque pour mieux faire les choses durant sa préparation. Lors des premières semaines, elle doute un peu. Elle ne veut pas se mettre de pression avec un objectif précis, elle ne veut que courir la distance des 42km avec le sourire.

Au fur et à mesure que les semaines avancent, je sens que sa confiance augmente. Elle suit le plan à la lettre, elle devient progressivement plus endurante et plus forte. Elle court au bon rythme et elle ne s’emballe pas inutilement pendant les entrainements.

 

Quelques jours avant le marathon, je la sens différente. Je ne vois plus de doute dans son regard, je n’y vois que de la détermination. Elle accepte finalement un objectif de 3h35 minutes, ce qui la qualifierait par 5 minutes pour le prestigieux marathon de Boston.

 

Le jour du marathon…

 

Elle est au 31e kilomètre et toujours dans les temps pour atteindre son objectif de devenir marathonienne et d’y arriver en 3h35. Elle se sent d’attaque pour finir en force et décide alors d’accélérer. Elle gagne 3 minutes dans les 11 derniers km et franchit la ligne d’arrivée avec un chrono de 3h32 :03.

 

Elle a mis son rêve de côté pendant quelques années, mais cette sagesse lui aura décidément rapporté un grand honneur.

 

Je me suis permis aujourd’hui de vous raconter son récit, puisque c’est porteur d’espoir.

 

Bravo Catherine.

novembre 07, 2018 par Dominic Royer

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