L'Équipe Endurance

Au baseball des Orioles de Montréal, ça se passait le lundi soir. Tout le monde savait qu’on était au Stade Gary-Carter du parc Ahuntsic ce soir-là. Au football américain, c’est le dimanche que ça se passe. C’est le tailgate en avant-midi et la partie qui arrive ensuite. Pour le hockey des canadiens, c’est le samedi soir. Un moment inévitable pour la plupart d’entre nous, parce que c’est la soirée du hockey. À la boxe, ça se passe le vendredi soir. Tout le monde est impatient que l’horloge affiche 23h, le combat principal peut avoir lieu.

 

Et pour l’équipe endurance, c’est le mercredi soir. C’est sacré pour nous. À 18h lorsque la boutique ferme, il se passe quelque chose. Quelque chose d’inexplicable. Pierre, Bert, Gab et moi on se prépare tranquillement. Et il y a toujours 5 ou 6 coureurs qui aiment arriver un peu d’avance. C’est aussi un moment pour le social, non ? ‘’Dom, est-ce que ta caisse est encore ouverte pour acheter un gel’’? Je pense que je l’ai entendu 75 milles fois en 4 ans. Hihihi. À 18h15, ça commence à se remplir. Le magasin déborde de coureurs qui se parlent de tout et de rien, mais c’est quand même la fébrilité dans l’air qui prend toute la place quelques minutes avant le départ. 18h25, on dirait presqu’il y a un party chez Endurance. On ne s’entend presque plus parler. On sait ce qui s’en vient, le speech. 18h30, je prends la parole. 3-4 minutes plus tard, après avoir donné le détail des intervalles, les coureurs sortent de la boutique. 30, 40, voire même 50 coureurs qui galopent sur St-Denis en direction du parc Jarry. Un troupeau de coureurs à la camisole verte qui prend tout l’espace des trottoirs. Ce n’est pas grave, parce que plus souvent qu’autrement, c’est à des encouragements qu’on a droit. Les gens nous admirent, ils nous trouvent beaux et nous trouvent courageux. En arrivant au parc et avant de commencer les éducatifs, les plus rapides attendent ceux qui courent un peu moins vite. Pas de problème, on en profite pour discuter. 😊 3-4 minutes d’éducatifs tout simples et encore là, on est magnifiques. Plusieurs dizaines de coureurs qui font le même mouvement et dans la même direction au milieu du parc. C’est tellement beau de nous voir aller. 19h00, 5-4-3-2-1 et c’est partie pour les intervalles. Une trentaine de minutes à courir hors de notre zone de confort. Personne ne s’adresse vraiment la parole parce que nous sommes fatigués, mais tout le monde s’encourage. Tout le monde sait quoi faire, finir fort. C’est facile de courir vite dans les premières minutes, mais c’est à la fin qu’on reconnait les vrais coureurs. L’important n’est pas tellement d’aller vite à la fin, faut simplement savoir gérer son effort pour finir plus rapidement que l’on commence. On appelle ça un split négatif chez les coureurs. Quelques minutes plus tard… Oufff, c’est fini! Tout le monde se tape dans la main. On dirait une équipe de jeunes joueurs de baseball venant de gagner la partie et qui se félicite. On revient doucement à la boutique en courant et tout le monde est soudainement différent. Plus relax, plus enjoué et bourré d’espoir. En arrivant à la boutique, c’est le buzz qui embarque. Vous savez de quoi je parle? Cette raison pour laquelle on court. Ce moment ou l’on se sent roi du monde. Cette sensation de bonheur qui nous habite à chaque fois qu’on finit de courir. Vous savez ce qu’on dit, on ne regrette jamais d’avoir couru.

 

Je n’ai pas toujours envie d’aller courir, mais je suis toujours heureux quand je reviens à la maison après l’avoir fait.  Et que dire des intervalles, si ce n’était pas du groupe, je pense que je passerais ma vie à courir lentement. Et si je faisais des intervalles, je les ferais 1 fois aux 3 semaines et j’arrêterais à la moitié. Mais le groupe m’aide… Il m’aide à y aller et à donner le meilleur de moi-même, même si je n’ai pas d’énergie. Je sais que pendant 30 minutes, je vais souffrir, mais je me dis qu’on est tous dans le même bateau. C’est difficile pour tout le monde et peut importe le pace. Je ne veux jamais décevoir mon équipe. Ils sont là pour moi et je veux être là pour eux. Un pour tous et tous pour un, pas vrai ?

 

Ce n’est pas qu’un simple club de course, c’est une famille… C’est ma famille. Je les aime tellement. Ils me font vivre les plus belles années de ma vie.

 

Allez, on se dit à mercredi prochain!

septembre 04, 2018 par Dominic Royer

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