Parce que la vie n’est pas que réussite...

1 minute et 12 secondes…

 

En 2016, j’avais 1 minute et 12 secondes à aller chercher sur mon meilleur marathon pour descendre sous la barre des 2h40. Et j’avais 12 mois d’entrainement devant moi pour y arriver. J’étais plus expérimenté, plus fort, plus endurant, mieux outillé et surtout, j’étais convaincu que j’atteindrais mon objectif.

J’accumulais les kilomètres, semaine après semaine. Je suis même allé jusqu’à faire un 38, un 40 et un 42km en entrainement pour être certain d’atteindre mon but.

Il n’y avait pas de place à l’échec, je ne voyais que la réussite. J’avais fourni tellement d’effort et le résultat allait être fracassant.

 

‘’ Je briserai cette barrière, sinon je lâcherai la course à pied’’.

 

Je me souviens même d’avoir répondu cette dernière phrase à un client qui m’interrogeait sur mon objectif.

 

72 heures avant le marathon… C’était le ‘’carb load’’ qui commençait… Pains, pâtes et patates. En plus de 2 à 3 litres d’eau par jour et des électrolytes pour les sels minéraux en quantité suffisante, mais sans exagérer. 70 grammes de protéines par jour en évitant les lipides et les fibres. Tout allait pour le mieux dans ma préparation finale.

Le matin du marathon :

On avait 2-3 km de course pour se rendre au départ et j’étais avec mes amis et ma copine. Certains faisaient le 21km alors que les autres étaient inscrits au marathon. J’étais confiant, mais bizarrement un peu moins que la veille. C’était une journée d’automne chaude et très humide. On ne s’y attendait pas tellement, un 21 octobre.

5-4-3-2-1 et c’est parti pour le marathon.

J’étais sur le bon pace, pas plus rapide ni moins rapide. Je regardais le chrono tous les kms et je respectais le plan de match. Au 15e km, je me suis mis à avoir des crampes horribles. Je n’arrivais plus à me sentir aussi léger. J’ai commencé à ralentir significativement au 22e km. Et au 30e, c’était devenu atroce, je courais 1 minute et 15 secondes plus lent au km que ce qui était planifié et j’avais envie de mourir. Les kms duraient une éternité et je ne voyais plus la fin. Je me faisais dépasser comme un novice qui courait son premier marathon. Les gens me reconnaissaient parmi les spectateurs et je voyais dans leur visage qu’ils ressentaient ma souffrance.

 

11 minutes et 50 secondes plus lent que mon objectif. 12 mois d’entrainement pour en arriver là… Tout ça pour aller compléter mon 2e pire chrono sur un marathon.

En voyant ma copine quelques mètres après l’arrivée, j’ai fondu en larmes. J’avais honte de moi. Je n’avais pas envie de voir personne ce jour-là. Je n’avais pas envie d’aller voir les commentaires de tous les coureurs sur facebook. Je n’avais pas envie d’avoir à expliquer ce qui c’était passé, parce que je n’en avais réellement aucune idée. J’étais tellement déçu. J’avais éprouvé tellement de douleur pendant ces 42 kms que je ne voulais plus jamais courir de ma vie. Ce n’était pas un simple mur que j’avais frappé au 30e km, c’était building de 46 étages.

Le 13 octobre 2019 et 3 années plus tard, je serai à Chicago pour mon 7e marathon. J’y serai avec mes coureurs de l’équipe Endurance, le team green love. Je souhaite plus que tout au monde réussir à finalement briser cette barrière des 2h40 minutes.

 Je sais que je peux y arriver et je vais travailler fort au cours des prochains mois. Mais à l’inverse d’autrefois, je sais que je peux également échouer et que ce ne serait pas la fin du monde, parce que je préfère de loin connaître un échec que de ne pas essayer.

Ce serait plus simple de me dire que mon corps n’est pas fait pour franchir cette limite, mais je ne veux pas me limiter à ça. Ce serait trop facile… Je sais que c’est difficile de perdre, mais si je veux connaître du succès, je dois prendre ce risque.

 

Chicago, le 13 octobre 2019… J’y arriverai!

 

Et vous, jusqu’où irez-vous cette année ?

 

janvier 25, 2019 par Dominic Royer

Commentaires

Kitcat

Kitcat a dit:

Merci de partager ton récit très inspirant. Il nous fait réaliser qu ‘il est toujours permis d’esper s’améliorer et que parfois’ malgré tous nos efforts, le résultat n’est pas au rdv. Ce qui compte c’est de se réserver et apprendre de nos expériences, bonnes et moins bonnes.
Merde pour à Chicago.

Danielle Stanton

Danielle Stanton a dit:

Bon texte Dominic! Il atteint sa cible!
Même si tu es un pro comparé à moi ( et qq autres probablement :-)) on peut facilement se reconnaître dans tes propos…une fois les objectifs ajustés.
Tu parles d’échec. Ça fait si mal… (surtout à l’orgueil) mais tu nous le goût de continuer quand même. Malgré tout. Ce n’est qu’une bataille, on finira par gagner le combat! Vivement cette minute 12 secondes de moins à Chicago, c’est la grâce que je te souhaite!

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